JOEL VINCENT - Spécialiste vélomobiles

1 –  Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

« Je suis Joël Vincent, dirigeant de la société Cycles JV & FENIOUX.

Passionné par le cyclisme, j’ai fait de la compétition jusqu’à mes 20 ans. J’ai du arrêter pour soucis de santé mais mon rêve était de devenir professionnel, de gagner ma vie grâce au vélo. J’ai conçu mon premier vélocouché à l’âge de 17 ans. J’ai exercé de nombreuses autres activités et il y a 20 ans, j’ai décidé de revenir dans l’univers du vélo. Pour me consacrer pleinement à ma passion, j’ai créé une société spécialisée dans le vélo : vélocouché, trike, vélomobiles et vélos spéciaux. »

2 – Pourquoi avoir choisi ce domaine d’activité ?

« En premier lieu pour ma passion du vélo. L’idée du vélomobile m’est venue que bien plus tard. Il y a 40 ans, personne n’y croyait vraiment. Le concept est parti dans les pays du nord au cours des années 30, après que la France ait interdit la compétition à bord de ces véhicules.

Lorsque j’ai découvert le vélomobile, j’ai tout de suite trouvé ça super. Se déplacer à l’abri, de manière plus sécurisée qu’avec un vélo dans une machine confinée, au chaud grâce à l’effort et qui roule bien, avec la possibilité d’emmener des bagages et à manger : pour moi, c’était top !

J’ai été chercher le premier vélomobile en Belgique. Après ça, je me suis dit pourquoi pas chercher d’autres machines. J’ai effectué de nombreuses recherches chez les constructeurs européens. J’en ai rencontré et commencé à travailler avec eux et la société a grossi au fur et à mesure. On amenait le service que les clients voulaient et on a apporté le produit en France il y a 15-18 ans. Pour les passionnés qui ne souhaitaient pas acheter à l’étranger, cela représentait un réel avantage.

Aujourd’hui, nous sommes 2 sociétés dans le monde à distribuer les vélomobiles. Une enseigne a ouvert au Texas en 2009. Généralement les constructeurs ne fabriquent que sur demande et ne stockent pas de machines neuves.

Du côté des Cycles JV & FENIOUX, nous avons deux modèles construits par nos soins : LE MANS : 1er modèle toujours d’actualité et le MULSANNE (sorti en 2013). Je fais fabriquer mes caisses (sans carbone pour construire) mais je fais la partie mécanique (fourche, support de dérailleur, tout ce qui est annexe à la carrosserie) et les autres éléments optiques chez les fournisseurs classiques. C’est métier de passion, chaque client est un bonheur, toujours heureux et chez nous il trouve le conseil dont il a besoin et peut même faire des essais. »

3 – Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à ouvrir votre propre établissement ?

« Je dirai que c’est pour construire par nous même. Il faut savoir que chaque vélomobile a beaucoup d’avantages mais aussi quelques inconvénients, toujours différents sur les machines. Sur notre deuxième machine, nous avons gommé des défauts vus de nombreuses fois sur la concurrence. Nous misons sur une grande sécurité, une tenue de route exceptionnelle, une forme aérodynamique pensée à l’aide d’un designer… bref, tous les avantages possibles.

J’ai toujours été à mon compte depuis mes 23-24 ans. J’ai eu diverses expériences : dépannage, remorquage, pare-brise, sociétés de meubles. Dans l’univers du vélomobile, il n’y avait personne lorsque j’ai décidé de me lancer. Nous pouvions faire ce que nous voulions et proposer des solutions jusqu’alors inexistantes.

Petite anecdote, j’ai rencontré un jour des clients coréens. Je leur ai demandé pourquoi ils venaient jusqu’à la boutique et non pas en direct chez les constructeurs. Ils m’ont affirmé que cela prenait beaucoup de temps de se rendre en Allemagne, en Pologne, en République Tchèque pour découvrir les modèles et pouvoir trouver le bon. Sur ce genre de prestation, ils avaient besoin de conseils et d’essais pour faire leur choix.

Ici, nous avons 25 modèles de vélomobiles dont 4 ou 5 prêts-à-partir. Dès que nous avons de la trésorerie, nous rachetons des modèles. Le but est d’avoir des machines à l’essai à Luçon. On peut aussi combiner les essais avec les expositions prévues (on emmène des machines supplémentaires pour essais sur place) en France et à l’étranger. »

4 – Quelles sont les valeurs que vous défendez au quotidien ?

« Ce qui nous tient à cœur, c’est d’analyser ce que le client projette de faire avec son nouveau véhicule et de trouver la machine qui correspond parfaitement. On amène la solution idéale, même si ce n’est pas ce qu’il voulait à la base. Nous travaillons beaucoup sur la machine adéquate à la personne.

La deuxième motivation, c’est d’amener moins de pollution par cette solution, éviter la voiture lors des déplacements. Et surtout nous amenons les gens à faire du sport, matin et soir lorsque le vélo est utilisé pour les trajets du quotidien, ce qui libère l’esprit et médicalement, permet de se tenir en meilleure santé. »

5 – Avez-vous des projets de développement pour l’avenir ?

« Il y a de plus en plus de salons en France, auxquels nous participons : championnats du monde de velomobiles, tricycles, vélocouché, le monde du couché. Maintenant, nous participons régulièrement aux salons de vélos « classiques » pour présenter et montrer les vélomobiles. Depuis l’an dernier, il existe le salon réservé aux vélomobiles en France. Nous allons continuer d’y participer cette année. Notre plus grand projet serait d’organiser de grandes courses (Brest, Strasbourg, Lille, Marseille) sans vraiment miser sur la compétition, mais plus sur une traversée de la France, le « 24h vélomobiles ». »

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